Comprendre la dysbiose intestinale – troisième partie

Depuis le début de cette saga sur la dysbiose, nous avons évoqué ensemble les déséquilibres de la flore intestinale puis l’influence d’une flore colonique de fermentation non nourrie sur la flore intestinale ; aboutissant toutes deux à des déséquilibres de flore et des symptômes tels que ventre tendu après manger, gaz, ballonnements, reflux, spasmes, lourdeurs, constipation, diarrhée…

Et je souhaiterais aujourd’hui vous parler d’une troisième cause possible à cette dysbiose intestinale provoquée, elle, uniquement par un déséquilibre au sein de la flore colonique.

Comme évoqué dans mon dernier post, le colon est la partie du système intestinal qui renferme le plus de bactéries dans 3 flores principales : la flore de fermentation dans le colon ascendant la flore de putréfaction dans le colon descendant et la flore transitoire dans le colon transverse composée à la fois de la fin de la flore de fermentation et du début de la flore de putréfaction.

Lorsque ces flores sont à l’équilibre, elles se nourrissent et permettent donc de digérer les matières non assimilées pour leur qualité nutritives par l’intestin grêle comme la cellulose ou les résidus des matières animales.

Les bactéries de ces flores réabsorbent également l’eau en excès pour que les selles soient moulées (ni trop dures, signe de constipation, ni trop molles signe de diarrhées) et fabriquent des anticorps et des vitamines (dont les vitamine K et certaines vitamines du groupe B).

Mais lorsque la flore de putréfaction ou la flore de fermentation est en excès, alors ce fragile équilibre disparait causant alors, vous vous en doutez, de nouveau des digestions difficiles.

  1. Déséquilibre de la flore de putréfaction

Lorsque nous mangeons des protéines, certaines parties de celles-ci sont assimilées par l’intestin grêle pour servir à la construction de l’ensemble de nos cellules, nos anticorps, nos enzymes digestives…Bref, vous l’aurez compris ls protéines représentent un macronutriment essentiel qu’il ne s’agit pas ici de dévaloriser bien au contraire.

Lorsque nous consommons des protéines en quantité suffisante (pas en excès donc mais suffisamment) et que nous avons des assiettes équilibrées, l’intestin grêle va avoir le temps de bien procéder à la digestion de ces protéines et n’arriveront plus dans le côlon descendant que quelques fibres de protéines qui seront bien digérées par la flore de putréfaction qui s’en nourrira.

Néanmoins, si trop de protéines non dégradées arrivent dans le côlon descendant, alors la flore de putréfaction ne va pas pouvoir les prendre en charge correctement et va se retrouver comme envahie par ces protéines en excès.

  • Soit nous consommons des protéines en excès et notre intestin grêle n’a pas besoin d’autant de protéines, dès lors il ne va pas toutes les assimiler et donc trop de résidus protéiques arriveront dans le côlon

  • Soit nous réalisons dans mélanges alimentaires appelés « incompatibles » (beaucoup de féculents avec beaucoup de protéines dans un même repas, des protéines avec des fruits, des types de protéines différents dans un même repas…) : dans cette hypothèse, la digestion est tellement compliquée que l’intestin grêle ne va pas pouvoir dégrader correctement tout ce qu’on lui donne et donc les résidus de protéines (ou de féculent) qui vont arriver, là encore, en trop grand nombre et insuffisamment dégradé dans le colon qui ne pourra pas les prendre en charge correctement (le colon n’est censé recevoir que les fibres protéiques uniquement).

Résultat : du fait de la présence importante de résidus protéiques mal digérés et/ou en trop grand nombre, un dégagement de trop de molécules toxiques (phénols, scatole, ammoniac, amines…) à l’entrée du côlon descendant va se produire et en agresser la paroi créant ainsi des spasmes, des douleurs dans le bas ventre ainsi que des gaz putrides donc fortement mal odorants.

2. Déséquilibre de la flore de fermentation

Dans l’hypothèse où nous mangeons trop d’amidon (féculent, sucre, légumineuses…) la flore de fermentation ne sera pas nourrie correctement car celle-ci a besoin de cellulose pour être nourrie de la bonne manière et les bactéries vont donc aller se nourrir dans l’intestin grêle comme je vous l’expliquais dans le deuxième post que j’ai fait sur la dysbiose.

Mais si nous consommons de l’amidon en excès, notre intestin grêle, de la même manière que pour les protéines, ne va pas pouvoir tout dégrader et en enverra une partie dans le côlon alors qu’il ne devrait pas.

Nous risquons alors de provoquer une fermentation importante et la présence de gaz créant des sur pressions dans tout notre côlon.

Or si la muqueuse de notre côlon est soumis à des sur pressions en permanence du fait de la présence de gaz, elle va finir par se distendre, s’élargie, et perdre de sa tonicité.

C’est ainsi que le côlon va finir soit par s’allonger (créant ainsi un dolicho côlon soit s’élargir en terme de diamètre créant ainsi un méga colon.

Dans les deux cas, les selles auront plus de mal à être transportée jusqu’à l’anus car elles devront réaliser un chemin plus important soit parce que le côlon est plus long, soit parce qu’il est plus large et que les ondes péristaltiques qui font avancer les matières fécales auront moins d’effet sur celles-ci vu qu’elles ne toucheront pas forcément la paroi dudit côlon.

Résultats : des gaz (un peu odorants mais moins qu’en cas d’excès de protéines), des spasmes, des ballonnements, des douleurs et surtout de la constipation et une flore qui dépérit car elle n’est pas nourrie correctement.

Là encore résultant d’un excès d’amidon ou de mélanges alimentaires incompatibles ou difficiles à digérer pour l’intestin grêle.

Voici donc le troisième exemple de dysbiose intestinale pouvant vous compliquer la vie au quotidien et vous rendre vos digestions difficiles.

Par ailleurs, dans les deux cas (excès de putréfaction ou de fermentation), nous consterons bien entendu une baisse de certaines vitamines du groupe B et de la vitamine K produites normalement par cette flore colonique ascendante et transitoire et descendante.

Encore une bonne raison de prendre soin de sa flore intestinale afin d’éviter des complications au quotidien qui peuvent avoir des effets néfastes sur notre santé !

Et pour cela, dans le prochain et dernier volet de cette saga, je vous donne quelques conseils d’ordre général pour améliorer l’état de votre microbiote intestinal. Mais il est important de ne pas oublier que chaque dysbiose est unique et qu’elle ne peut se régler définitivement qu’en en trouvant la cause précise avec un professionnel de santé qui vous accompagnera.

Positivement et naturellement vôtre,

Emilie

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