Comprendre la dysbiose intestinale : les troubles intestinaux coloniques

Il y a quelques jours je vous parlais des déséquilibres de la flore de l’intestin grêle pouvant provoquer une dysbiose et donc des mauvaises digestions (gaz, ballonnements, spasmes, ventre tendu façon « femme enceinte » après manger, douleurs ventrales, sentiment de lourdeur, reflux gastriques, nausées…).

Pour ce deuxième volet de « Comprendre la dysbiose intestinale » nous allons nous intéresser aux interactions qu’il peut y avoir entre l’intestin grêle et le gros intestin (côlon ascendant, transverse et descendant) pouvant également être à l’origine d’un déséquilibre des flores et donc d’une dysbiose.

Il est tout d’abord important de savoir que notre côlon participe également à notre digestion puisqu’il est le lieu de la digestion des matières que l’intestin grêle ne parvient pas à digérer car elles n’ont pas forcément vertu à être toutes assimilées par le corps.

C’est cette flore colonique qui est la plus chargée en bactéries, champignons, levures dans tout l’ensemble de notre corps et de très loin.

Ainsi, cette flore colonique est composée de 3 flores principales qui s’équilibrent :

  • La flore de fermentation dans le colon ascendant qui va avoir un rôle de digestion des glucides comme la cellulose
  • La flore de putréfaction dans le colon descendant qui va digérer les purines en excès
  • La flore transitoire au niveau du colon transverse faisant le lien et comprenant un peu de ces deux types de flore

Nous nous intéresserons la semaine prochaine à l’équilibre entre ces différentes flores (notamment la flore de putréfaction et de fermentation). Ce sera le troisième volet de cette série de post qui en comprendra au moins 4.

Pour aujourd’hui, nous nous intéresserons plus précisément à la flore de fermentation car c’est principalement cette flore qui va avoir une interaction avec la flore de l’intestin grêle.

Comment fonctionne la flore de fermentation ?

Le sucre des fibres présentes dans les fruits et légumes (cellulose) a vocation à être digéré par la flore du colon ascendant (flore de fermentation) qui va se nourrir de cette cellulose et créer, en qualité de déchet de cette digestion, des acides gras à chaînes courtes.

Or, ces acides gras à chaîne courte sont la nourriture première des cellules de la barrière intestinale et notamment des cellules à mucus qui vont se nourrir de ces acides gras pour pouvoir créer du mucus qui formera comme un rempart, une protection entre la barrière intestinale et le milieu extérieur.

Par ailleurs, le deuxième avantage d’une flore de fermentation bien nourrie est que ces acides gras à chaîne courtes vont influer dans le bon sens sur la production de nos lymphocytes T régulateurs.

Ainsi, la dégradation du sucre des fibres par les bactéries du colon envoie également des signaux aux lymphocytes T qui sont des lymphocytes régulateurs dont le rôle est de réguler la réponse immunitaire, l’inflammation.

En gros lorsque notre système immunitaire combat une infection ou des bactéries/ virus dans notre corps, il peut arriver qu’il s’emballe un peu et relâche beaucoup d’anticorps (avec la volonté d’exterminer l’envahisseur).

Sauf que certains de ces anticorps comme les endotoxines et les cytokines peuvent créer une inflammation du corps si elles sont trop nombreuses. Nous sommes alors en hyper sécrétion inflammatoire ce qui n’est pas bon pour le corps.

Grâce au lymphocyte T régulateur encouragé par les acides gras à chaînes courtes issus de la bonne nourriture de la flore colonique, lorsque notre système immunitaire s’emballe un peu trop et libèrent un peu trop ces endotoxines ou cytokines, ces lymphocytes vont venir « calmer le jeu » et réguler notre système immunitaire dans une juste proportion qui va sécréter ces substances dans des proportions plus acceptables pour le corps.

Lorsque nous nourrissons correctement notre flore colonique ascendante avec la cellulose des fruits et légumes notamment, cette flore est à l’équilibre, elle crée des acides gras à chaîne courte qui créent eux-même du mucus pour la flore intestinale et permettent de favoriser l’expression des lymphocyte T qui régule correctement l’intervention de notre système immunitaire.

BREF TOUT VA BIEN DANS LE MEILLEUR DES MONDES !

Que se passe-t-il si notre flore colonique  ascendante est mal nourrie ?

Si nous ne mangeons pas d’aliments permettant à la flore colonique ascendante de se nourrir correctement, les bactéries présente dans la flore colonique ne peuvent pas créer d’acide gras à chaîne courtes et protéger la barrière de la muqueuse intestinale correctement. La digestion ne pourra donc se faire de manière qualitative.

Par ailleurs, si les bactéries de cette flore de fermentation ne sont pas nourries par de la cellulose vont se retrouvées affamées et vont alors remonter dans l’intestin grêle pour tenter d’aller se nourrir et survivre.

En remontant dans notre intestin grêle, elles vont alors déséquilibrer la flore intestinale présente à cet endroit qui ne pourra plus faire son travail correctement car elle se trouvera envahit par la flore colonique qui va entrer en compétition avec elle pour se nourrir.

On verra un déséquilibre de la flore se produire et donc provoquer des digestions difficiles comme des gaz, des ballonnements, des spasmes et surtout le ventre tendu de femme enceinte juste après avoir mangé caractéristique de la colonisation des bactéries du gros intestin vers l’intestin grêle (et révélant souvent un SIBO).

Par ailleurs, cette flore colonique va vouloir se nourrir du mucus présent au sein de l’intestin grêle car celui-ci est composé en partie de sucre.

En grignotant ce mucus de la flore intestinale, la flore colonique met donc à mal la barrière protectrice de nos intestins créant là encore des digestions plus difficiles.

Mais derrière ce mucus se trouve également notre système immunitaire (plaques de Peyer) : de ce fait, ce système immunitaire va se retrouver en contact avec les bactéries coloniques qui auront mangé le mucus protecteur : notre système immunitaire va alors se sentir agressé par l’envahissement de ces bactéries qui ne devraient pas être présentes à cet endroit et va larguer des endotoxines dans le sang pour tuer ces bactéries.

Le souci c’est qu’en relarguant perpétuellement des endotoxines dans notre sang, pour combattre la présence de ces bactéries du colon dans l’intestin grêle, il se créé un affaiblissement à moyen terme de notre système immunitaire qui fonctionne sans arrêt alors qu’il ne devrait pas.

Ce relargage permanent d’endotoxines par le système immunitaire a également pour conséquence d’augmenter notre niveau d’inflammation corporelle créant un stress permanant pour l’ensemble de l’organisme avec toutes les conséquences néfastes que cela engendre : fatigue, augmentation du taux de cortisol, envie de sucre créant un déséquilibre de la flore encore plus important, développement de maladies auto-immunes à long terme…

Bref en résumé

Si nous ne consommons pas de fibres de cellulose (notamment mais pas que), les bactéries coloniques n’ont plus à manger, vont dans l’intestin grêle, mange le mucus, provoque un emballement de notre système immunitaire et créent une hyper réaction immunitaire provoquant un état inflammatoire de notre corps et donc plus de risques de développer des maladies de type inflammatoires : asthme, arthrite, mycose, infections urinaires, raideurs dans les muscles, maladies auto-immunes…

Alors encore une fois prenons soin de notre système intestinal et de l’équilibre de notre flore pour éviter, à terme de développer peut-être ce type de pathologie. Dès que nous remarquons un déséquilibre de notre flore, essayons de le rétablir (à l’aide d’un professionnel si besoin en accompagnement) et d’en prendre soin pour prendre soin de notre santé de manière globale !

Positivement et naturellement vôtre,

Emilie

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